Rencontres Universitaires

Rencontres Universitaires

« La place des femmes et genre dans les musiques électroniques / Numérisation des pratiques musicales : transformations et perspectives »

Jeu. 21 Oct. → Salle du Belvédère - Campus 1 - Université de Caen

Rencontres universitaires – En partenariat avec l’Université de Caen et la revue Volume !

Description de la journée

Ces pre­mières ren­contres uni­ver­si­taires orga­ni­sées par NDK ont pour objec­tif de faire se ren­con­trer et dis­cu­ter cher­cheuses et cher­cheurs, artistes, professionnel·les, étudiant·es et public autour de l’objet des musiques élec­tro­niques. Elles ont pour ambi­tion d’offrir un espace d’échange et de dis­cus­sion entre de jeunes cher­cheuses et cher­cheurs dont les tra­vaux abordent dif­fé­rents enjeux (sociaux, éco­no­miques ou encore tech­no­lo­giques) liés aux musiques élec­tro­niques en favo­ri­sant l’échange avec le public et des acteur·rice·s de la scène électronique.

Pour cette pre­mière édi­tion, NDK invite quatre cher­cheuses et cher­cheurs pour dis­cu­ter de deux thé­ma­tiques : la ques­tion de la place des femmes et du genre dans les musiques élec­tro­niques et les trans­for­ma­tions numé­riques des pra­tiques musicales.

Programme

Panel 1 : Place des femmes et genre dans les musiques électroniques

Inégalités femmes-hommes chez les artistes : et le rôle des programmateurs et programmatrices dans tout ça ?

En ana­ly­sant la pro­gram­ma­tion de quelques clubs de musique élec­tro à Paris et Ber­lin, on se rend compte qu’il semble y avoir plus de femmes sur les scènes ber­li­noises que pari­siennes. Com­ment expli­quer cette dif­fé­rence ? Si les sté­réo­types de genre sont sou­vent convo­qués pour expli­quer les inéga­li­tés entre femmes et hommes dans l’ac­cès à la scène, on pro­pose d’exa­mi­ner le rôle que jouent les pro­gram­ma­trices et pro­gram­ma­teurs dans les salles de concert, en s’in­té­res­sant à leurs pra­tiques pro­fes­sion­nelles. Com­ment l’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail de ces inter­mé­diaires cultu­rels influe sur les inéga­li­tés gen­rées chez les artistes ? La com­pa­rai­son entre les pra­tiques à Paris et Ber­lin per­met­tra de for­mu­ler quelques pistes pour réduire ces inéga­li­tés, à des­ti­na­tion des pro­fes­sion­nel-les de la musique.

Myrtille Picaud

Myr­tille Picaud est doc­teure en socio­lo­gie. En 2021, elle a publié l’ouvrage Mettre la ville en musique (Paris-Ber­lin) aux Presses Uni­ver­si­taires de Vin­cennes. Issu de sa thèse, il revient sur les trans­for­ma­tions urbaines dans ces deux capi­tales, en lien avec leurs scènes musi­cales. Il explore aus­si les hié­rar­chies entre genres musi­caux et le tra­vail des inter­mé­diaires cultu­rels qui sélec­tionnent les artistes : les pro­gram­ma­trices et pro­gram­ma­teurs de salles. Etu­dier la pro­gram­ma­tion per­met de mieux com­prendre les inéga­li­tés entre artistes et les dif­fé­rences dans les salles des deux villes. Aujourd’hui, elle pour­suit ces recherches en étu­diant la construc­tion du mar­ché des start-up de la ville intel­li­gente au Labex Futurs Urbains (Uni­ver­si­té Gus­tave Eif­fel) et au LATTS, tout en res­tant cher­cheuse asso­ciée au CEE et au CESSP.

Se positionner en tant que femme dans la pratique du DJing en amateur, Des rapports au genre et au féminisme négociés ?

Cette inter­ven­tion s’appuie sur une relec­ture des don­nées issues d’un pre­mier ter­rain eth­no­gra­phique réa­li­sé entre 2018 et 2019 auprès de femmes pra­ti­quant le DJing en ama­teures. Dans ce contexte, Alice Laurent-Came­na a obser­vé la manière dont plu­sieurs DJ ama­teures mobi­lisent stra­té­gi­que­ment leur genre. Mettre en avant son iden­ti­té de femme peut per­mettre de se faire pro­gram­mer plus faci­le­ment au sein des scènes locales, mais cette stra­té­gie peut néan­moins s’avérer coû­teuse en ce qu’elle ren­force l’essentialisation de ces artistes. Ce tra­vail per­met éga­le­ment d’articuler à la ques­tion des rap­ports entre­te­nus au genre celle des appro­pria­tions « ordi­naires » d’idées issues du fémi­nisme en contexte musical.

Alice Laurent Camena

Alice Laurent-Came­na est doc­to­rante en socio­lo­gie au sein de l’Université Rennes 2 – labo­ra­toire Arènes. Après un mémoire dédié aux pra­tiques fémi­nines du DJing, elle s’intéresse dans le cadre de sa thèse au dérou­le­ment des car­rières artis­tiques dans les musiques élec­tro­niques en France.

Panel 2 : Numérisation des pratiques musicales : transformations et perspectives

YouTube et les métamorphoses de la musique

On dit sou­vent que les for­mats du strea­ming musi­cal affectent la pro­duc­tion et les rela­tions au son. A par­tir d’une enquête sui­vant dix ans de pré­sence de la musique sur You­Tube, et de tra­vaux en cours sur la poli­tique du son et du remix, cette inter­ven­tion cher­che­ra a car­to­gra­phier quelques unes des méta­mor­phoses de la musique dans la der­nière décennie.

Guillaume Heuguet

Guillaume Heu­guet est ensei­gnant-cher­cheur, doc­teur en sciences de l’in­for­ma­tion et de la com­mu­ni­ca­tion, membre des labo­ra­toires GRIPIC (Sor­bonne Uni­ver­si­té) et IRMECCEN (Sor­bonne Nou­velle), édi­teur (Audi­mat Edi­tions, Mou­ve­ment maga­zine), auteur, et direc­teur de label (In Para­di­sum). Ses recherches pro­posent une lec­ture des phé­no­mènes média­tiques et musi­caux contem­po­rains sous l’in­fluence de l’in­for­ma­tion-com­mu­ni­ca­tion, des études de science, de la théo­rie cri­tique alle­mande et fran­çaise, de la sémio­tique. En 2021, il co-dirige le recueil Trap (Diver­gences), une ana­lyse du rap amé­ri­cain au prisme de la théo­rie cri­tique afri­caine-amé­ri­caine, et publié une mono­gra­phie, You­Tube et les méta­mor­phoses de la musique (INA).

Pratiques musicales en régime numérique : un panorama technologique et créatif

Il est désor­mais deve­nu com­mun de dire que le numé­rique a enva­hi les pra­tiques musi­cales, dans la presse spé­cia­li­sée ou grand public. S’il est vrai que les codes esthé­tiques de la musique élec­tro­nique de danse façonnent les varié­tés musi­cales inter­na­tio­nales depuis une ving­taine d’années au moins, à grand ren­fort de beats, de samples et de sons syn­thé­tiques, il ne reste pas moins néces­saire d’expliquer les rai­sons de cet essor pour en com­prendre les effets, au-delà des pro­duc­tions de l’industrie cultu­relle. Pour cela, il est indis­pen­sable de retra­cer briè­ve­ment l’histoire de la luthe­rie élec­tro­nique et numé­rique et de prendre la mesure de l’impact des tech­no­lo­gies de l’enregistrement, de la pro­duc­tion et du trai­te­ment du son. Il faut éga­le­ment sai­sir plei­ne­ment le poten­tiel créa­teur de ces tech­no­lo­gies car si la syn­thèse des sons est bien une révo­lu­tion du timbre, les ins­tru­ments élec­tro­niques – tout comme les ins­tru­ments acous­tiques – offrent éga­le­ment des moda­li­tés d’interaction ges­tuelles spé­ci­fiques : ces tech­no­lo­gies renou­vellent tout à la fois les empreintes acous­tiques et les per­for­mances scé­niques. C’est enfin le carac­tère lon­gi­tu­di­nal et dyna­mique de la révo­lu­tion audio­nu­mé­rique qui sera sou­li­gné : celle-ci peut s’observer dans toutes les façons de faire de la musique et se réper­cute en retour dans les pra­tiques acoustiques.

Baptiste Bacot

Doc­teur en Musique, his­toire, socié­té (EHESS/Ircam, 2017), Bap­tiste Bacot tra­vaille sur les pra­tiques contem­po­raines de la musique élec­tro­nique. Par-delà les esthé­tiques, ses recherches portent en par­ti­cu­lier sur les tech­no­lo­gies musi­cales (hard­ware et soft­ware), les gestes musi­ciens et le pro­ces­sus de créa­tion en contexte numé­rique. Réso­lu­ment inter­dis­ci­pli­naire et ali­men­tée par un tra­vail eth­no­gra­phique au long cours, son approche s’inscrit au car­re­four de l’anthropologie de la musique, de la musi­co­lo­gie contem­po­raine et des sound stu­dies. Cela lui per­met d’aborder une varié­té de formes musi­cales (popu­laires, savantes ou trans­mé­diales), d’en com­pa­rer les inten­tions créa­tives, le rôle qu’y jouent les outils et de pro­po­ser une musi­co­lo­gie située de la musique électronique.

La pro­duc­trice et com­po­si­trice Ver­veine ain­si que l’auteure-compositrice et co-fon­da­trice du label FRACA ! ! ! Robi par­ti­ci­pe­ront au table ronde afin de dis­cu­ter des dif­fé­rentes thé­ma­tiques abor­dées et d’apporter un autre regard.

Décou­vrez la revue Volume : https://journals.openedition.org/volume/

Cré­dit pho­to : Direc­tion de la com­mu­ni­ca­tion – Uni­ver­si­té de Caen.

Jeudi 21 octobre 2021 → Salle du Belvédère - Campus 1 - Université de Caen

Gra­tuit sur inscription

Ren­contres uni­ver­si­taires : 14h – 17h

Infos lieu

Salle du Belvédère - Campus 1 - Université de Caen

L’université de Caen Nor­man­die est un acteur majeur et un moteur de déve­lop­pe­ment de l’enseignement supé­rieur et de la recherche en Nor­man­die. UNICAEN est membre de la com­mu­nau­té d’universités et d’établissements Nor­man­die Université.